Aux racines de la violence : les violences éducatives ordinaires ou la pédagogie noire

Dernière mise à jour : nov. 16

Les violences éducatives ordinaires regroupent les formes de violence physique, verbale ou psychologique infligées aux enfants sous couvert de "vertu educative " à la maison ou dans des lieux tiers (école, sport...) : l'enfant se voit imposé quelque chose par la force et souvent de manière brutale, avec l'intention supposée qu'il apprenne de la situation, sans qu'il n'ait d'autre choix que de se soumettre à la volonté de l'adulte.


Or l'enfant n'apprend rien de positif par cela, au contraire ! La violence est un échec sur le plan de la relation entre l'adulte et l'enfant...


crédit photo : Artyom Kabajev (unsplash)

Les exemples sont nombreux : gifles, fessées, coups, brimades, menaces, cris et hurlements, actes d'humiliation, de culpabilisation ou de dévalorisation, mépris, atteinte à l'intimité, situations piégeantes par manipulation mentale (chantage affectif par ex.), etc. Tout ce qui met l'enfant en position de soumission ou d'asservissement inutiles et suspend ou empêche l'accès à son autonomie physique, émotionnelle ou psychique par la contrainte, la douleur ou la dévalorisation.


On les nomme "ordinaires" car elles surviennent de façon répétée et qu'elles sont malheureusement banalisées, voire encouragées. Rappelons, pour éviter tout malentendu, qu'elles n'ont AUCUNE vertu éducative mais qu'elles sont au contraire néfastes.

Une étude de 2017 de l'Observatoire de la violence éducative ordinaire montrait que «85% des parents reconnaissaient avoir recours à la fessée, 71,5 % à des «petites gifles», la moitié auraient déjà frappé leur enfant avant l’âge de 2 ans et les trois-quarts avant l’âge de 5 ans.


Ces comportements enracinent la violence dans notre société et ont des conséquences destructrices sur le développement psychique, émotionnel et physique de l'enfant. Elles caractérisent une pédagogie dite " noire", dénoncée par Alice Miller dans les années 80 dans ses livres "C'est pour ton bien" ou "Le drame de l'enfant doué". Récemment, le Dr Muriel Salmona, psychiatre, a notamment traité ce sujet dans son livre "Châtiments corporels et violences éducatives".


Comme nous le rappelle l'article 371-1 du code civil, toujours énoncé le jour de la cérémonie de mariage civil en mairie, "l'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux parents jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques."


Comprendre l'étendue du problème et ses racines participe à la lutte contre ce fléau souvent dénigré, caché ou nié. L'instauration et le maintien d'un dialogue respectueux entre l'adulte et l'enfant évite l'impasse de la violence.



Philippe Bien


Psychopraticien - Somatothérapeute en Relation d’Aide par le Toucher - Thérapie psycho-corporelle


Praticien de la méthode Feldenkrais


Pour en savoir plus sur ce thème :

  • Interview du Dr Muriel Salmona, Psychiatre et psychotraumatologue, article du magazine sciences humaines : clic-ici

  • Interview de Catherine Gueguen, Prédiatre, article de Les Pros de la Petite Enfance : clic-ici

  • Observatoire de la Violence Educative Ordinaire : clic-ici

Pour en savoir plus sur mes propositions d’accompagnement : clic-ici


Sources :


- C'est pour ton bien, Alice Miller (Aubier, 1985)

- Le drame de l'enfant doué, Alice Miller (PUF, 2013)

- Châtiments corporels et violences éducatives, Dr Muriel Salmona (DUNOD, 2016)

- Observatoire de la Violence Educative Ordinaire

- Code civil : www.legifrance.gouv.fr/


Les techniques et méthodes présentées dans cette publication s’inscrivent dans le cadre d’une démarche de mieux-être, selon une approche complémentaire aux soins médicaux conventionnels. Elles ne peuvent se substituer à un traitement médical en cours et ne dispensent pas de consulter un médecin chaque fois que cela est nécessaire.


© Inamovemento – 2021 ; Crédits photos : A. Kabajev (unsplash)


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